Chaman

 

 

chama

 

Le chaman  (Celui ou celle qui voit)

 

Les chamans (es) sont les Gardiens des traditions et des croyances ancestrales. Ils peuvent aider le monde des vivants en communiquant avec le monde des Esprits. Ils sont capables de comprendre leur langage et celui de la nature elle-même. Ils travaillent avec des Esprits-guides et le pouvoir de ces Aidants invisibles passent à travers eux.

 

<< Quand un homme-médecine (chaman) dit qu’il parle aux pierres sacrées, c’est parce que de toutes les substances du sol, elles sont celles qui apparaissent le plus souvent dans les rêves et qui peuvent communiquer avec les hommes. >> Okute chaman Sioux Téton, ami du sachem (chef) Red Bird.

 

<< Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous écoutez. >> Extrait du discours du Chef et chaman Tatanga Mani (Walking Buffalo) 1871-1961 de la Nation Stoney du Canada.

 

<< J’ai guéri avec le pouvoir qui passait à travers moi. Bien sûr, ce n’était pas moi qui guérissais. C’était le pouvoir venu de l’autre monde : les visions et les cérémonies avaient simplement fait de moi un trou à travers lequel le pouvoir avait la possibilité de parvenir. Si j’avais pensé que c’était ma propre action, le trou se serait fermé et aucun pouvoir n’aurait pu passer. >> Hehaka Sapa (Black Elk / Élan Noir ) 1863-1950, chaman Oglala Sioux.

 

blackelk

 

<< Il peut arriver des choses dangereuses et puissantes quand on est un angakkuq (chaman). J’ai vu des angakkuit et j’ai vu un angakkuq faire tupilattuq (éliminer un mauvais esprit). On peut vouloir être un angakkuq mais on ne peut pas tout simplement le devenir. On ne peut pas voir comment une personne devient un angakkuq. On ne peut pas le voir, mais ça arrive à la personne et alors cette personne commence à devenir un angakkuq. Quand quelqu’un commence à voir des choses invisibles et à entendre des choses que les autres ne peuvent pas entendre, ce sont les premiers signes que cette personne est en train de devenir un angakkuq.>> Mariano Aupilaarjuk Inuit du Nunavut , À l’écoute de notre passé.

 

Pierre Tobi, kakushapatak (chaman) Montagnais de Natashquan décrivait ce phénomène de communication par la tente tremblante comme suit : << C’est son esprit qui va là-bas. Avec son esprit, on peut les rejoindre, ceux qu’on veut voir, ses parents….Quand le kakushapatak (chaman) veut chercher quelqu’un, il l’appelle en criant. Il se contente d’appeler celui qu’il veut voir. Puis, l’autre, qui est très loin, il entend sa voix, il l’entend comme s’il était à côté. Et c’est son esprit qui va à la rencontre du kakushapatak….Par exemple, moi j’ai un frère là-bas à Northwest River. Moi, je suis ici. Il m’a déjà demandé d’aller le voir et je suis allé, mais c’est mon esprit qui est allé. Ça m’a pris du temps pour entrer dans la tente tremblante…..J’avais l’impression qu’il était là, quand il m’a fait comprendre qu’il voulait me parler. Il n’utilise pas le langage humain comme on parle en ce moment. Sa parole est transmise par Papakassik, l’esprit-maître, mais je reçois sa voix. >> Source Rites païens de la forêt québécoise : la tente tremblante et la suerie par Jacques Rousseau.

 

Depuis la nuit des temps

 

<< Le chamanisme est l’une des plus anciennes traditions humaines, remontant à environ 1000 ans avant Jésus Christ. Sa conception de l’homme et de la réalité se retrouve sur tous les continents de la planète, en étant à l’origine des principaux systèmes religieux et spirituels du monde entier >>. Mircea Eliade 1907-1986 historien et mythologue.

 

Les interdits

 

Pendant la colonisation, on accusait les chamans de sorcellerie démoniaque et l’on considérait leurs danses comme un péché et une offense. À cette époque, ceux qui voulaient imposer le christianisme et leurs lois dans les régions conquises, ont tout fait pour détruire les croyances et les coutumes des aborigènes soumis que des Pères du christianisme surnommaient païens. Les chamans étaient alors péjorativement appelés sorciers supposément en contact avec le démon et leur pratique ancestrale fut interdite pendant plusieurs années en Amérique du Nord et en Europe où des femmes et des hommes furent accusés à tort de sorcellerie. À Salem dans le Massachusetts, des femmes et des hommes ont été brûlés sur des bûchers.
Les danses interdites.

 

Au Canada, les danses traditionnelles autochtones furent réprimées par le gouvernement pendant des décennies. L’amendement de 1880 apporté à la Loi sur les Indiens, interdisait aux Autochtones d’organiser, de participer ou même d’assister à une cérémonie traditionnelle appelée Potlatch (partage avec autrui) ou à des danses appelées Tamanawas, sous peine d’emprisonnement. L’amendement de 1895 apporté à la même loi étendait cette interdiction pour y inclure, entre autres, toute danse, cérémonie ou festival amérindien (powwow). Le gouvernement américain a interdit les danses amérindiennes de 1880 à 1934.

 

Les Tamanawas

 

Les danses Interdites dites sauvages ou Tamanawas comprenaient entre autres les danses pratiquées dans le but d’établir un contact chamanique ou spirite, telles que : la danse du Soleil, la Danse de l’Aigle et la danse des Esprits. Aujourd’hui, les jeunes autochtones réapprennent les rituels chamaniques de leurs ancêtres. Les danses, la cérémonie du calumet, le foin d’odeur ou la hutte de sudation et plusieurs cérémonies autochtones importantes reprennent tranquillement leur place chez les Premières Nations. Depuis quelques décennies, les chamans reprennent leur place et sont graduellement considérés comme des médecins spirituels du corps, de l’âme et de l’esprit.

 

Les chamans

 

Selon les tribus, les chamans portent différents noms, tels que : mitewiwo (Cri des Plaines), motewolon (Malécite), mushkikiwiwino (Abénaquis), akbaalia (Crow), swanasso (Tsimshian), skaggy (Haïda), adewihi (Cherokee), aretsan (Huron), puhagant (Shoshone), mandokewinni (Algonquin), memekwesin (Cri), Wabano (Innu), puion (Mi’kmaq), tuhikya (Hopi), wakasa wakan (Apache), pejuta wacasa (Sioux-Lakota), gilaut (Inuit), tohunga makutu (Maori)…

 

Parmi les chamans (es) hommes et femmes connectés avec la Terre-Mère, nous retrouvons des guérisseurs, des herboristes détenteurs du secret des plantes médicinales, des voyants, des guides spirituels, les voyageurs (ceux qui pratiquent le voyage astral), des communicateurs avec le monde des esprits des Ancêtres et des animaux, des interprètes de rêves, des maîtres de cérémonie, des maîtres de la tente tremblante, des maîtres de la tente de sudation, des exorcistes ou des purificateurs…..

 

Les chamans pratiquent la transe et projettent leur esprit dans l’espace et le temps, une pratique mieux connue sous le nom de < voyage astral ou voyage de l’âme >. Pour atteindre l’état second ou de réceptivité, les chamans (es) utilisent différents moyens tels que : la fumée et les odeurs naturelles, les tambours, les hochets ou crécelles, les danses, les chants, la méditation au pied d’un arbre, dans un lieu sacré ou dans le cercle de vie.

 

L’importance du Cercle (Talking Circle)

 

<< Au cours de “sweat lodge” –rituel indien de purification– on demande l’aide de la communauté et des esprits. “Lorsqu’un groupe se réunit avec une intention claire, affirme Lewis, cela crée une énergie qui permet de résoudre des problèmes jusque-là sans solution.>> Lewis Mehl-Madrona, médecin, psychiatre et chaman cherokee.

 

Les propos du médecin Mehi-Madrona démontrent bien l’importance du cercle pour les chamans. Pendant certaines cérémonies et réunions sous la tente ou à l’extérieur, les participants forment, sur un sol intact, un cercle dans lequel tous ont une place égale. Ce lieu circulaire porte aussi le nom de Cercle d’Influences, Cercle de Vie, Roue-Médecine ou Cercle de Médecine dont le terme est tiré du mot algonquin « mediwiwin » qui veut dire force, puissance, connaissance du Grand-Esprit qui se manifeste.

 

Le Cercle a la forme du tambour sacré, de la Terre-Mère et représente le cerceau sacré de la vie qui rassemble les énergies environnantes. Son point central, est le centre de l’univers, l’axe des relations des communautés humaines et non humaines ou monde des esprits. De plus le cercle est orienté selon les quatre points cardinaux. Chacun de ces points est une « porte ». Cela signifie que l’on peut entrer dans le cercle et sortir par une porte ou par une autre. Les Esprits-guides ou Aidants peuvent en faire de même. Ce sont des rencontres qui ont pour but de guérir des problèmes ou des blessures physiques, émotionnelles et spirituelles, d’aider au deuil, à la quête de la vision ou pour guider un esprit dans le monde des esprits.

 

Dans le cercle (elabaktestakiin mi’kmaq), les énergies subtiles se rassemblent, se répartissent et s’équilibrent d’elles-mêmes et permettent aux forces présentes de circuler. Chaque composante du cercle à sa particularité propre qui se transfère dans le centre (hocoka) où elle circule pour former une bulle d’énergie ou vortex favorable aux communications chamaniques et aux manifestations.

 

Roger Mainville, Président
Groupe Paracontacts
21 mars 2015

 

 

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