Diplôme, titre ou expertise ?

 

 

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Qu’est-ce qui définit un expert ?

 

Selon le psychologue K. Anders Ericsson, Pr Michael J. Prietula, Pr John Sloboda, Dr Michael Howe, Dr David Lubinski, Dre Camilla P. Benbow, Dr Richard Davidson, Dr Edward T. Cokely, Malcolm Gladwell et d’autres spécialistes, il n’y a pas d’expertise sans un dur et très long travail, qu’ils chiffrent à 10 000 heures ; c’est la durée minimale de l’apprentissage nécessaire avant de pouvoir prétendre atteindre les sommets dans un domaine quel qu’il soit.

 

Selon Anders Ericsson professeur à l’Université du Colorado qui étudia cette question, les fameuses 10 000 heures ne sont qu’une moyenne pouvant varier selon la passion des individus.

 

Malcolm Gladwell s’est intéressé aussi aux carrières des « génies » de l’informatique moderne : celles de Bill Gates, Steeve Jobs, Bill Joy et de très nombreux autres. Tous ont évidemment passé des nuits entières depuis leur plus jeune enfance à programmer sur les premiers ordinateurs rendus disponibles par leurs parents ou leurs écoles. Forts de leur talent extraordinaire, de leur acharnement au travail, du soutien de leurs parents et de la souplesse de leurs enseignants, ces leaders d’aujourd’hui ne se sont pas hissés à leurs place au seul motif de leur intelligence innée, mais presque toujours aussi, après un apprentissage colossal, que l’on peut chiffrer à au moins une dizaine de milliers d’heures dans leur domaine respectif.

 

À la lecture de ces études, le neurologue de l’université McGill de Montréal, Daniel Levitin affirme que ce soit en sport, en art, en informatique, en science, en médecine, il n’y a probablement aucun domaine qui échappe à la règle des dix mille heures pour devenir un expert de classe internationale. Bien sûr, cela ne signifie pas que tout physicien après 10 000 heures passées sur des équations deviendra automatiquement un Einstein, ni que tout joueur de Hockey gagnera le championnat du monde une fois le compteur dépassé sur la glace, mais si l’on cherche bien. On ne trouve pas d’exemple d’expertise de niveau international acquise en moins de temps, comme si c’était le temps nécessaire au cerveau pour parfaitement maîtriser un domaine de compétence.

 

Même si le diplôme ou le titre peut représenter une carte dans la manche d’un individu, il ne fait pas de lui un expert et celui qui l’est vraiment, ne peut pas l’être dans tous les domaines. Aucun nouveau diplômé ne peut donc se présenter comme étant un expert. Malcolm Gladwell, dans son bouquin “Outliers”, affirme qu’il faut compter environ 10 000 heures (7 à 10 ans) de pratique pour maîtriser son métier ou sa profession. Cette règle scientifique s’applique aussi bien à un sportif qu’à un musicien, un entrepreneur, un journaliste, etc. Selon Ericsson, dans certains domaines, des individus vont prendre entre 15 et 25 ans avant de devenir des experts.

 

Dans le Harvard Business Review intitulé, The Making of an Expert, il est dit que nous ne pouvons pas nous fier à notre habilité pour prendre une décision sans une considérable pratique, réflexion et analyse. Il n’y a pas de raccourci pour acquérir l’expertise en moins de temps.

 

Malheureusement, le mot “expert” s’emploie maintenant à toutes les sauces et tout particulièrement dans les réseaux sociaux et dans certains médias. Pendant des mois, j’ai lu et écouté silencieusement les propos d’animateurs abusant du pouvoir de leur micro, de journalistes à potins ou de jeunes étudiants assoiffés de popularité subitement devenus des experts en paranormal et en métaphysique. Heureusement pour nous, l’égocentrisme exubérant n’est pas une maladie contagieuse. À chaque fois, je me disais : Jusqu’où vont-ils aller avec leur opinion déguisée en expertise ? La méconnaissance ou la popularité d’un sujet résulte toujours en la naissance de soi-disant experts qui exploiteront le filon à fond de train et parfois au détriment d’autrui.

 

Il y a aussi l’autre catégorie d’individus qui font passer leur opinion pour une expertise. Ces pseudos détenteurs de la vérité absolue, nous ramènent en quelque sorte à l’époque de l’obscurantisme mais heureusement, il y a de plus en plus de scientifiques à l’esprit ouvert qui font évoluer le domaine du paranormal. Certes, il y a encore des individus qui qualifient à tort de naïfs, d’idiots, d’illuminés ou de menteurs les nombreux témoins, les médiums ou les chercheurs de phénomènes inexpliqués (apparitions, OVNI, E.M.I, médiumnité, poltergeist, transcommunication, apports…) mais cela ne fait qu’encourager les chercheurs à pousser plus loin leurs études sur le sujet. De toute façon, ces individus sans scrupule, faisant passer leurs opinions pour des vérités inconditionnelles, appartiennent à une minorité facilement reconnaissable par leur méchanceté organisée. Certains plus destructeurs encore, poussent leur méfait au point de se mettre eux-mêmes dans l’eau chaude en écrivant des libelles diffamatoires signés de leurs propres mains et en diffament maladroitement leurs victimes devant le public pouvant par le fait même servir de témoin contre eux.

 

Il y a quelques mois, j’ai été à deux cheveux de faire accuser deux d’entre eux en cour criminelle. Heureusement pour eux, on m’a conseillé de ne pas le faire parce que cela n’en valait tout simplement pas la peine. Hormis le fait, qu’il y aura toujours des extrémistes soit disant capables de juger parfaitement une situation sans y être eux-mêmes ou d’accuser mensongèrement une personne sans même la connaître, les théories et le paranormal continuent d’évoluer.

 

Ne vous laissez pas berner par des pseudos experts qui sans connaître un domaine particulier, ont la réponse à tout ou s’appuient uniquement sur des ouï-dire pour émettre un commentaire sans fondement. Le pire de tous, fut un jeune étudiant fraîchement sorti de l’école qui en public, se faisait passer pour un expert des phénomènes inexpliqués. Heureusement, plusieurs personnes avaient flairé son imposture. Au niveau du paranormal, même moi après 48 ans de travail sur le terrain et après avoir franchi à quelques reprises le cap des 10 000 heures, j’en apprends encore aujourd’hui. C’est en forgeant qu’on devient forgeron ! Pas autrement ! Il n’y a pas de raccourci pour devenir un expert.

 

Roger Mainville, Président
Groupe Paracontacts
7 mai 2015

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