Effet d’expérimentation

 

 

effetexptitjpg

 

Dans le document précédent intitulé, Influences, nous pouvions lire que Dre Marilyn Schlitz et le Dr Richard Wiseman psychologue et magicien professionnel, ont déjà mené une expérience de recherche sur les influences des expérimentateurs. Le Dre Schlitz, directrice de recherches à l’Institut Noetic des Sciences, concevait une expérience très rigoureuse pouvant évaluer si des sujets étaient aptes à détecter une autre personne les fixant à une certaine distance (à travers un circuit fermé de télévision). L’étude donnait des résultats statistiquement positifs. Lorsque son collègue sceptique, le psychologue anglais Richard Wiseman, ne réussissait pas à reproduire des résultats satisfaisants, il invita le Dre Schlitz en Angleterre afin de reproduire l’expérience avec lui. Il concevait deux tests indépendants mais de même niveau utilisant les mêmes sujets et le même matériel, et une fois de plus elle obtenait des résultats positifs et lui négatifs. Réf. : Wiseman, R., & Marilyn, S. (1997). Experimenter effects and the remote detection of staring. Journal of Parapsychology, 61, 197-208.

 

De son côté, le Dr Rupert Sheldrake biologiste, a développé plusieurs expériences afin d’étudier scientifiquement des situations de la vie quotidienne pouvant impliquer des perceptions psi. C’est dans cette perspective qu’il a étudié un phénomène rapporté par de nombreuses personnes, à savoir l’impression de sentir lorsque l’on est regardé. S’agit-il d’une impression subjective et illusoire ou d’un effet réel ? Sheldrake a mis en place depuis plusieurs années des recherches visant à répondre à cette question. Elles ont donné lieu à des résultats probants qui ont engendré de vives polémiques. Dans son numéro du mois de juin dernier, le Journal of Consciousness Studies s’est fait l’écho de ces recherches et de leurs critiques. Nous vous proposons la traduction de la première partie de l’un des articles, publié par Sheldrake dans ce numéro, et qui offre un panorama des recherches récentes effectuées sur l’impression d’être regardé. Réf. Journal of Consciousness Studies (2005) Vol 12 No. 6

 

La plupart des gens ont vécu l’expérience de se retourner en ayant l’impression d’être observé et de constater que cela était bien le cas.

 

La plupart des gens ont également vécu l’expérience contraire. Ils arrivent parfois à pousser les gens à se retourner simplement en les fixant. Dans les sondages en Amérique du Nord et en Europe, entre 70% et 97% des personnes interrogées disent avoir vécu des expériences personnelles de ce genre (Braud et co.,1990 ; Sheldrake, 1994 ; Cottrell et co,1996).

 

Dans les sondages effectués en Grande Bretagne, Suède, et aux États- Unis sur les détails de ces expériences, plus de femmes (81%) que d’hommes (74%) répondirent avoir déjà ressenti l’impression d’être observés. Cette expérience eut lieu le plus souvent dans des endroits publics tels que des rues et des bars, et avec des inconnus. Aussi, une part bien plus importante de femmes (88%) que d’hommes (71%) ont répondu être capables de pousser les autres à se retourner en les regardant avec insistance (Sheldrake, 2003a). Quelles émotions ressentaient les gens quand ils se retournaient ? Pour les hommes aussi bien que pour les femmes la curiosité était la raison la plus fréquente pour observer les autres.

 

Certaines personnes trouvaient que regarder quelqu’un avec détresse, affection ou bienveillance pouvait le pousser à se retourner.

 

Pour certaines personnes, c’est leur métier d’observer les autres. L’impression d’être observé est très connue des officiers de police, du personnel de surveillance, et des soldats, comme je l’ai constaté à travers une exhaustive série d’interviews. La plupart étaient convaincus de la réalité de cette impression et ont raconté comment les personnes qu’ils observaient semblaient s’en apercevoir malgré tous leurs efforts pour se cacher. Quand on enseigne aux inspecteurs de police et aux détectives comment faire une filature, on leur précise bien de ne pas fixer le dos plus que nécessaire parce qu’autrement la personne risque de se retourner, croiser leur regard, et faire sauter ainsi leur couverture.

 

Observations à distance

 

Selon des détectives expérimentés, cette impression semble également fonctionner à distance quand les observateurs regardent à travers des jumelles. Plusieurs photographes-People et snipers de l’armée m’ont dit être convaincus que certaines personnes s’apercevaient qu’ils étaient observés même à travers des téléobjectifs ou longues vues.

 

Sensation d’être observé chez les animaux

 

Beaucoup d’espèces animales semblent également capables de détecter les regards. Certains propriétaires d’animaux domestiques maintiennent pouvoir réveiller leurs chiens ou chats endormis en les fixant. Certains chasseurs et photographes-nature sont convaincus que les animaux peuvent ressentir leur regard même quand ils sont cachés et en train de les regarder à travers des téléobjectifs ou des viseurs (Sheldrake, 2003a). Au contraire, certains photographes et chasseurs disent avoir ressenti lorsqu’ils étaient observés par des animaux sauvages (Corbett, 1986 ; Sheldrake, 2003a).

 

Dans un sondage dans l’Ohio, le professeur Gérald Winer et ses collègues de l’université trouvèrent que beaucoup de gens disent avoir ressenti le regard d’animaux. Dans ce sondage, 34% des adultes et 41% des enfants dirent avoir ressenti quand les animaux les regardaient. A peu près la moitié des personnes interrogées croyait que les animaux pouvaient ressentir leurs regards, même quand ils ne voyaient pas leurs yeux (Cottrell, Winer et Smith, 1996). Si l’impression d’être observé existe réellement, alors elle a dû être sujette à l’évolution par sélection naturelle. Comment a-t-elle pu évoluer ? La possibilité la plus évidente est qu’elle ait évolué dans le contexte de la relation prédateur-proie. Les animaux de proie qui pouvaient détecter quand un prédateur les observait auraient probablement eu une meilleure chance de survie que ceux qui en étaient incapables.(Sheldrake, 1999)

 

Rejet de l’hypothèse

 

Il existe deux raisons principales pour le rejet habituel de « l‘impression d’être observé ». D’abord elle est classée comme « paranormale ». Elle est pourtant tout à fait « normale » dans le sens que la plupart des gens en ont déjà fait eux-mêmes l’expérience. Mais elle va à l’encontre du tabou généralisé concernant tout phénomène psi. Pendant des générations, les personnes instruites l’ont écartée comme une simple superstition.

 

Les recherches scientifiques jusqu’en 1985

 

La première étude scientifique sur l’impression d’être observé fut publiée en 1898 par Dr Edward B Tichener, un des pères fondateurs de la psychologie expérimentale aux États Unis. Il découvrit que beaucoup de ses élèves à l’Université de Cornell étaient fermement convaincus de pouvoir ressentir lorsqu’on les observait de derrière et de pouvoir pousser les autres à se retourner en fixant l’arrière de leur cou.

 

En 1978, Dr Donald Petersen effectua une expérience comme projet d’étude à l’Université d’Édimbourg. L’observateur s’asseyait dans une cabine fermée, séparé par un miroir sans tain du sujet, pour qui il demeurait invisible. Les résultats furent positifs et statiquement significatifs. Quelques années plus tard, le professeure Linda Williams, de l’Université d’Adélaide en Australie trouva un résultat statistiquement significatif quand une personne dans une autre pièce observait le sujet à travers un système de télévision à circuit fermé. Tout récemment, le professeur Robert Morris, Ph.D, Dre Doborah Delanoy et Dre Caroline Watt ont mené une étude semblable à la Koesther Chair of Parapsychology d’Édimbourg. Et il en était de même pour le professeur William Braud et le Dre Marilyn Schlitz à la Mind Science Foundation.

 

Les expériences récentes

 

Plusieurs recherches ont été rendues publiques à travers le magazine « New Scientist », la télévision BBC, et la chaîne Discovery et les tests ont été publiés sur les sites internet de ces organisations aussi bien que sur le mien (www.sheldrake.org), permettant ainsi à de nombreuses personnes de participer à cette recherche. Au moins vingt projets d’étude dans des écoles et universités ont traité d’expériences d’observation, certains ont même remporté des prix dans des foires scientifiques. En tout, il y a eu des dizaines de milliers d’essais. (Sheldrake, 2003a)

 

Dans un projet d’étude en Irlande, Susan et Jennifer Brodigan ont comparé les résultats avec des jumeaux comme sujets et observateurs avec les résultats de simples frères et sœurs, puis de personnes sans lien de parenté. Dans ces essais, les sujets avaient les yeux bandés et ne furent pas informés des résultats au fur et à mesure. Les couples de jumeaux eurent des résultats nettement supérieurs à ceux des fratries ou à ceux des personnes sans lien de parenté (Sheldrake,2001a).

 

L’expérience NeMo

 

La plus importante expérience jamais effectuée sur l’impression d’être observé débuta en 1995 au Centre Scientifique NeMo à Amsterdam. En 2002, plus de 18.700 couples de sujets/observateurs y avaient participé, avec des résultats positifs énormément significatifs d’un point de vue statistique. (p=10-376, Sheldrake, 2003). Le test NEMO fut développé par Diana Issidorides, une psychologue cognitive, et Jan Van Bolhuis, statisticien à l’Université Libre D’Amsterdam.

 

Avec une télévision en circuit fermé

 

Des millions de caméras de télévision en circuit fermé sont utilisées quotidiennement pour surveiller des centres commerciaux, banques, bureaux, aéroports, rues et autres espaces publics. Mes assistants et moi même avons interviewé un échantillonnage représentatif d’agents de surveillance et de personnel de sécurité dont le travail consiste à observer les gens à travers des systèmes de télévision en circuit fermé. Nous les avons interrogés au sujet de leurs expériences quand ils observaient les gens sur les écrans TV. La plupart, mais pas tous, étaient convaincus que certaines personnes s’apercevaient quand elles étaient observées et donnèrent des exemples soutenant cette opinion (Sheldrake 2003).

 

Les conclusions de Sheldrake

 

La plupart des gens disent avoir ressenti lorsqu’ils étaient observés, et la plupart disent également avoir poussé les autres à se retourner en les observant.

 

L’impression d’être observé est pris pour acquis par la plupart des professionnels de surveillance, agents de sécurité, soldats, photographes-People, adeptes des arts martiaux, et chasseurs.

 

La capacité de s’en rendre compte est tout à fait logique du point de vue de la biologie et de l’évolution. Elle est peut-être profondément ancrée dans notre nature animale et très étendue dans le royaume des animaux.

 

La grande majorité des preuves soutient la réalité de ce sentiment. Mais il reste encore beaucoup à découvrir et d’autres recherches sont nécessaires. Heureusement, la plupart des méthodes expérimentales sont peu coûteuses et tout à fait adaptées aux projets d’études estudiantins.

 

Si ce sentiment existe réellement, il a des implications théoriques majeures dont je discute dans l’article suivant de ce numéro du « Journal Of Consciousness Studies (Journal d’études de la conscience) »

 

En anglais : The Sense of Being Stared At, Part 1: Is it Real or Illusory?

 

http://www.sheldrake.org/Articles&Papers/papers/staring/pdf/JCSpaper1.pdf

 

Experiences de parapsychologie : impression d’être observée

Psionics — Practical Application of Psychic Awareness

 

http://www.williamjames.com/Science/PSIONIC2.htm

 

Roger Mainville, Président
Groupe Paracontacts
27 juin 2012

(C)(R) www.paracontacts.com

 

 

Nos visiteurs:

 

Groupe Paracontacts

Video de l’article récent
Nouvelle page FaceBook
Facebook Pagelike Widget
Notre Canal YouTube

Abonner vous!

Compteur en date du 24-04-15

Pays en date du 28-12-16