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Nous vivons une crise d’une ampleur sans précédent qui exige de la prudence dans nos déplacements. Paracontacts ainsi que tous les membres de l’équipe souhaitons sincèrement que vous vous portiez bien. Deux de nos coéquipiers ont été testés positifs mais heureusement, leurs symptômes sont légers et ils se portent bien. La pandémie nous a forcé à remettre à plus tard nos projets d’atelier et d’observation sur le terrain.

En attendant, nous avons des milliers d’heures de vidéos et d’audio qui ne demandent qu’à être révisés. Nous profitons aussi de ce moment pour vous dévoiler certains de nos non-dits et pour parler d’anecdotes que nous avons vécu au fil des ans.

D’ailleurs, il y a quelques semaines, le fils de mon ami d’enfance m’a demandé de publier une aventure que j’avais vécu avec son père il y a 53 années. Cette histoire s’était déroulée dans les Laurentides à environ une heure et demie de Montréal. Le récit avait été affiché antérieurement sur notre premier site mais disparu lors de l’élaboration de la seconde version de la plateforme web.

Juillet 1967

Nous sommes vendredi matin et le père de deux de mes amis vient nous reconduire à son chalet qu’il nous prête pour la semaine.  Nous roulons depuis une bonne heure et nous sommes tous impatients d’arriver pour nous dégourdir les jambes. La route serpente tantôt au bord de la rivière, tantôt à flanc de coteaux et s’enfonce dans les profondeurs touffues de la forêt.  La voiture monte une pente et une fois rendue au sommet, elle s’immobilise devant un chalet construit sur un cap rocheux qui surplombe un petit lac aux flots clairs et brillants. 

En descendant du véhicule, nous regardons un moment le chalet qui est encore en construction et admirons la nature qui nous entoure.  Devant l’immensité de cette beauté sauvage, nous réalisons que nous sommes loin de la civilisation et des voisins.  Pendant que mes amis transportent les bagages à l’intérieur, je retourne à l’automobile pour récupérer mes lunettes fumées.  En refermant la portière du véhicule, j’ai l’impression d’être épié et je détourne mon regard vers l’orée de la forêt en croyant apercevoir quelqu’un mais il n’y a personne.  Rassuré, je fais demi-tour et je m’empresse d’aller rejoindre les autres.

À l’intérieur, les divisions de la bâtisse ne sont pas encore terminées et les grandes fenêtres panoramiques laissent entrer les chauds rayons du soleil qui illuminent la vaste pièce presque vide.  Nous disposons seulement d’une table rectangulaire, de six chaises, de deux grands lits et d’un vieux poêle à bois.  Le cabinet d’aisance n’étant pas installé, nous devons nous contenter d’une toilette sèche qui est à notre disposition à l’arrière du chalet.  Quelques minutes plus tard, notre aimable chauffeur nous salue et quitte les lieux en nous souhaitant une belle semaine. 

Le lendemain matin, en apercevant les eaux calmes du lac, j’invite mes amis à faire un tour de chaloupe.  Jacques et son frère Renald aide Paul à monter dans l’embarcation en faisant attention de ne pas heurter le plâtre qui protège son tibia fracturé.  Nous lançons les amarres et les béquilles de notre ami sur la rive, puis nous partons à l’aventure dans le bateau en mauvais état.  On a tout juste le temps de faire le tour du petit bassin que nous devons écoper l’eau qui s’infiltre assez rapidement.

Pour éviter de mouiller son plâtre, Paul se lève debout mais en voulant poser son pied sur le banc, il perd l’équilibre et tombe à l’eau.   On s’empresse de l’empoigner et en le remontant, on constate qu’une dizaine de grosses sangsues se sont collées à sa peau. On rigole un peu et on retourne au chalet pour sécher le plâtre dégoulinant de notre ami.  Le soir venu, Paul est encore assis près du poêle et regarde sa protection plâtreuse déformée, qui en séchant, fume de partout.  Il veut retourner chez lui mais malheureusement, il n’y a pas de téléphone et il n’y a pas âme qui vive à des kilomètres à la ronde. 

  • Mon plâtre ne teindra pas le coup ! émet Paul inquiet.
  • Ne t’en fais pas !  lui dit Jacques.  Il n’est pas si pire que ça ! précise-t-il en l’examinant. Il gondole un peu mais il va tenir ! 
  • On a tout ce qu’il faut pour t’en faire un autre !  lance Renald en rigolant et en lui montrant un récipient contenant du plâtre de construction.  On en a assez pour te mettre les deux jambes dans le plâtre ! 
  • Vous êtes tellement gentils ! dit Paul en ricanant.

Il est dix heures du soir et on décide d’aller dormir pour la nuit.  Jacques et Paul se couchent dans le lit le plus douillet installé au fond de la pièce tandis que moi et Renald,  prenons celui qui fait face à l’une des grandes fenêtres panoramiques.  Les lumières se ferment et on se raconte quelques blagues en attendant que le sommeil vienne.  À un certain moment, j’ai l’impression que quelqu’un, à l’extérieur, nous regarde par la grande fenêtre qui nous fait face.  Les poils de mes bras s’hérissent et je commence avoir la chair de poule.  Dans l’obscurité opaque, une silhouette sombre bouge dans la nuit et nous épie depuis quelques instants.  J’alerte immédiatement mes trois amis mais Jacques réplique aussitôt en me disant que c’est sûrement mon imagination qui me joue des tours.  Renald, le plus costaud du groupe, regarde vers la fenêtre, puis se lève silencieusement pour aller rejoindre son frère dans l’autre lit.  En constatant que ma crainte s’amplifie de plus en plus, je décide moi aussi de rejoindre mes amis dont l’âge varie entre 17 et 21 ans. 

Assis sur l’autre lit, je fixe la grande fenêtre, convaincu que des ombres bougent dans l’obscurité et que quelqu’un marche autour du chalet. Soudain, quelque chose frappe très fortement la porte secondaire située sur le côté gauche.  La force de ce coup formidable fait vibrer le chalet et les vitres de la maison.   En une seconde, toutes les lumières sont allumées, nous saisissons tout ce qui peut nous servir d’armes de fortune et nos yeux écarquillés par la peur sont braqués sur la fameuse porte close.  Les minutes passent rapidement dans une ambiance électrisante et un silence presque palpable plane dans la grande pièce. 

Armés jusqu’aux dents, nous nous dirigeons lentement vers la porte que nous ouvrons d’un seul coup.  À notre grand étonnement et à notre grande satisfaction, il n’y a rien d’anormal, pas même les traces d’un coup ou les empreintes d’un gros animal.   Sur le balcon, nous constatons que celui-ci n’est pas encore muni d’un escalier et qu’il s’élève à presque deux mètres du sol. 

  • C’est peut-être un oiseau qui a heurté accidentellement le centre de la porte ? dit Paul en regardant la distance qui nous sépare du sol. 
  • B’en oui !  Un oiseau de cent kilos revêtu d’une cuirasse !  réplique Renald inquiet. 
  • Il n’y a pas de sang ni de plumes et la porte est intacte ! ajoute Jacques en passant la main sur la surface de celle-ci.  Comment un animal aurait pu faire vibrer le chalet en frappant dans la porte sans la briser ? C’est impossible ! déclare-t-il en retournant à l’intérieur.

Nous retournons nous coucher sans fermer les lumières et nous laissons nos armes près des lits.  Personne ne parle de l’incident en espérant ne plus jamais le revivre.

<  Les lumières sont demeurées allumées jour et nuit jusqu’à l’arrivée du père de mes amis et personne ne s’est risqué à faire une promenade en forêt.  Encore aujourd’hui, nous nous souvenons clairement de l’incident et sommes toujours persuadés que nous avions été témoins d’un puissant phénomène poltergeist.  Le chalet était solidement érigé sur du roc et il n’y a pas eu de tremblement de terre dans les environs. Nous avons toujours été convaincus que la porte a été frappée violemment par une force invisible qui a par la suite secoué toute la maison.  >

Roger Mainville / Plume-Parlante

16 avril 2020

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