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Le Grand-Wigwam

 

 

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Je profite du temps des vacances pour honorer la majestueuse montagne qui domine notre ville. Elle est née il y a 125 millions d’années d’une magie tectonique et cosmique en étant bien enveloppée dans une épaisse couche de roches ignées. Engendrée dans un curieux mélange de tellurisme et de magnétisme, elle est magnifique et dégage une énergie mystérieuse quasi spirituelle. Elle se dresse droite comme un gigantesque pilier planté dans le sol de la Vallée du Richelieu au Québec. Elle est la plus attirante et la plus extraordinaire muraille rocheuse de la Montérégie.

 

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Elle est un ancêtre de pierre et la gardienne de l’histoire des hommes qui ont habité la vallée et navigué sur la rivière de Iroquois. Jadis, elle était vénérée par les Abénaquis, « Waban-Aki » – le Peuple du Soleil Levant, appartenant à la grande famille algonquienne, qui vivaient paisiblement de chasse, de pêche, de la culture du maïs et de l’exploitation de la sève d’érable dont la feuille allait devenir l’emblème du pays. Ils lui donnaient le nom de Wigwomadensis – la montagne en forme du Grand-Wigwam – « la Grande Demeure » qui a vu grandir les hommes.

 

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Les Abénaquis occupaient depuis des millénaires, un vaste territoire sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, qui s’étendait de la région du nord-ouest des États-Unis, la Nouvelle Angleterre jusqu’aux Provinces maritimes situées à l’est du Canada. Les tribus des Malécites, des Pesmocodys et des Penobscots occupaient les territoires de l’Est avec les Micmacs (Mi’kmaqs), leurs alliés. Les Nanhigganeucks, demeuraient avec leurs frères Sakokwakis dans les territoires du Sud. Dans la petite vallée, les Missisquois, les Cowasucks, les Socoquis avec un groupe de Piquots et de Mohicans vivaient sur les terres situées à l’est et au sud de la montagne qui a vu grandir les hommes.

 

Le royaume des esprits de la nature

 

La forme de la montagne a aussi influencé les croyances en l’Au-delà, car entre ses deux parois rocheuses se situait l’entrée de l’Autre Monde. Selon les Autochtones, le lac permettait d’accéder à la Terre des Ombres, qu’ils surnommaient aussi Terre des Fantômes et Terre des Âmes. L’esprit du mort devait suivre le Tshipaï Meskenau, le Chemin des Âmes avant d’accéder par étapes au paradis des braves. Guidé par le Kamantushit ou chaman, l’esprit du guerrier décédé au combat pénétrait dans les eaux du lac sacré situé entre les deux pics rocheux afin d’accéder au Domaine du Serpent. De cet endroit, il était aspiré jusqu’à la Vallée de la Mort pour enfin atteindre en dernier lieu le royaume de l’Occident, la Terre des Esprits. Les Abénaquis, le surnommaient Umbra – le monde des Ombres et les Algonquins, l’appelaient Michilimakinak – le Paradis des Bienheureux guerriers où est né Glooscap, le Grand-Lièvre. De plus, lorsqu’un animal mourait, son esprit était guidé par le chaman Kakushapatak dans ce même chemin lumineux afin qu’il puisse atteindre le paradis des animaux, le Kushapetshekan.

 

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Ils croyaient aussi à l’existence de tunnels souterrains qui reliaient le lac sacré (lac Hertel) de la Wigwomadensis aux deux lacs sacrés du Wigwômadenek (mont Yamaska) ainsi qu’à la rivière des Iroquois. Ils craignaient les poissons-diables et les esprits aquatiques qu’ils surnommaient : les Igpupiaras originaires du Brésil, les Okis, les Gahongas, les Gandayaks, les Ndamkenowets et les Wanagemeswaks. Ces esprits fantastiques, mi-poissons, mi-grenouilles et mi-humains, hantaient les eaux de la rivière des Iroquois et les rapides qui tourbillonnaient près du fort Saint-Louis, dans la seigneurie de Jacques de Chambly.

 

Selon les traditions, les terres et les forêts étaient peuplées d’êtres fantastiques comme les Apotamkins – des nains semblables aux Gobelins sous les ordres de Pamola, des Chepis – des esprits gardiens, des Apci’Inics – une race de petites gens et des Strendus – des géants aussi grands que les arbres….Les Okis n’étaient pas seulement les esprits des eaux, car ils hantaient aussi les forêts, les arbres et les montagnes. Ils étaient des êtres surnaturels au caractère changeant, certains étaient bons et d’autres étaient mauvais. Plusieurs Autochtones craignaient les esprits diaboliques, car lorsque le tonnerre roulait dans le ciel et que les éclairs illuminaient les deux pics rocheux, la montagne devenait la Porte des Enfers. Lorsque les pluies étaient trop abondantes, ils craignaient le retour du fameux Anamaqkiu – le mauvais esprit qui provoqua le déluge.

 

De nos jours

 

Inlassablement, les lunes ont traversé le ciel de la contrée et les saisons se sont succédées sans relâche. La vallée verdoyante porte maintenant le nom de la Vallée du Richelieu. La rivière des Iroquois est devenue le Richelieu, la montagne légendaire, porte le nom de mont Saint-Hilaire. Ce petit hameau ancestral qui a grandi sagement à ses côtés est devenu une ville populaire du Québec. Elle porte fièrement le même nom que sa montagne qui culmine à 411 mètres ( 1343 pi.) au-dessus du niveau de la mer. La colline au onze sommets est devenue un refuge faunique, une réserve de la biosphère et un centre d’étude pour l’université McGill. Sa forêt urbaine, qui est un véritable poumon naturel, offre aux visiteurs l’air le plus salubre des deux Amériques.

 

À chaque année, en sillonnant les 25 kilomètres de sentiers, les milliers de randonneurs sont charmés pas la beauté grandiose de la montagne. Ils sont en admiration devant son exceptionnelle biodiversité animale et végétale ainsi que par son extraordinaire concentration de minéraux, dont certains sont uniques au monde. Tout en étant inconsciemment attiré vers elle, personne ne se doute que cette montagne cache encore bien des choses. Les gens circulent autour du magnifique lac Hertel sans penser qu’il était autrefois un lieu sacré et qu’il sera toujours un oasis de paix. Cette merveille de la Vallée du Richelieu est un véritable jardin d’Éden, un sanctuaire protégé pour les aigles, les faucons et les urubus tout en étant un haut lieu vibratoire où convergent les énergies célestes et terrestres.

 

Cette montagne légendaire qui fut jadis un lieu de pèlerinage, est aussi reconnue pour être un endroit visité par des O.V.N.I.s et par des boules de lumières. Certaines personnes racontent avoir aperçu des lueurs étranges dans des sentiers et dans des arbres. Lors d’une émission, Mgr Edouard Jetté (1898-1988) avait témoigné avoir vu en présence de témoins un O.V.N.I. qui descendait du sommet du mont Saint-Hilaire.

 

À la mi-décembre, un peu avant le solstice de l’hiver, elle devient une cathédrale rustique au plafond décoré d’étoiles scintillantes afin accueillir les familles qui se rassemblent près du lac pour écouter les chants mélodieux et les contes merveilleux. Chaque année, l’esprit de Noël court dans la montagne et danse avec la nature au son d’une musique angélique. Au premier dimanche suivant la pleine lune de l’équinoxe du printemps, la colline se prépare à recevoir la foule qui arrive avant le lever du soleil afin de puiser l’eau de Pâques. En ce jour traditionnel, les gens puisent respectueusement l’eau cristalline aux vertus insoupçonnées, comme était puisée l’eau lustrale par les anciens Grecs à la source d’Arès, l’eau magique – le Sidh Nechtan des Celtes à la source de Segais et l’eau purificatrice des Abénaquis au lac sacré.

 

Roger Mainville / Plume-Parlante
Groupe Paracontacts
19 juillet 2016

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