Tambour sacré

 

 

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Le tambour autochtone ou tewegan (tambour en algonquin), occupe une place importante au sein de Paracontacts. La plupart des membres de l’équipe étant Métis-Autochtones, le tambour est un lien direct avec nos racines. Son rythme correspond à celui du cœur de la Terre-Mère et nous permet de nous connecter directement à celle-ci.

 

D’ailleurs, la meilleure méthode d’apprendre à en jouer, est de suivre la cadence des battements de son propre cœur. Les vibrations émises par l’instrument lorsqu’on en joue, longent le bras du joueur et se dirigent directement au cœur de ce dernier. Ces vibrations sont ensuite répandues au travers son corps entier, ce qui donne un effet énergisant, calmant et très bénéfique.

 

Lors des rencontres du Projet Horizon et lors de certaines enquêtes auxquelles nous participons, le tambour sert à élever les vibrations et énergies du groupe. Cette pratique favorise grandement les contacts et la communication avec l’autre dimension, c’est-à-dire, le monde invisible. De nos jours, le tambour est également utilisé comme outil de méditation. On dit même qu’il suffit d’en jouer seulement quelques minutes pour équivaloir à plusieurs heures de méditation. Il permet de se reconnecter à soi, d’aller à la rencontre de son moi intérieur et de s’enraciner dans le moment présent, dans l’ici et maintenant.

 

Le tewegan est un objet sacré pour les Peuples amérindiens. Il représente par sa rondeur, la féminité. Rond, comme la Terre-Mère et qui est ensemencée par la mailloche (bâton avec lequel on en joue), principe masculin du Grand-Esprit. Pour ces peuples, le tambour est un instrument essentiel pour leur spiritualité. Il est également un moyen de communiquer avec la création, les esprits et les ancêtres. Les battements des tambours retentissent aussi lors des fêtes, cérémonies ou encore dans les rituels de guérison. On en utilise de différentes tailles et cela est déterminé selon l’usage que l’on veut en faire.

 

Ce sont des objets sacrés, alors dans les nations, quelqu’un est désigné pour veiller à ce que personne ne s’en approche sous l’effet de l’alcool ou de drogues. Durant les cérémonies, il est interdit de se pencher au-dessus des tambours ou de déposer des objets sur eux. Pour les Autochtones les tambours sont littéralement le pouls de la nation et de l’univers.

 

Il existe différents types de tambours, en voici quelques exemples :

 

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Tambour d’eau Iroquois

 

L’utilité de ce tambour était principalement pour conserver le temps pendant les chants et selon les traditions il était confectionné à partir de bois de bouleau, de cèdre ou de tilleul et l’on versait un peu d’eau dans le barillet. Ce procédé faisait en sorte de mouiller et de tendre la peau. La peau de cerf était couramment utilisé pour ce type de tambour. Dans la langue mohawk on le nomme : kanatio :ià.

 

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Grand tambour

 

Grand tambour se traduit mistikwaskihk en langue crie. Traditionnellement, seulement les hommes pouvaient en jouer. Il provient de l’ouest des Grands-Lacs et la popularité grandissante du mouvement Pow wow est la cause de sa venue dans le nord-est du continent. Le fait que le cadre de bois soit suspendu sur un socle de bois en forme de croix, lui donne une plus grande résonance. On peut facilement réunir de quatre à huit joueurs autour du tambour. Habituellement on utilise une peau de bison pour sa confection.

 

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Tambour à cadre

 

Dans la langue innue on le nomme teueikan. La plupart du temps les chants et les danses des nations algonquiennes sont accompagnés de tambours de différentes formes et dimensions. Généralement le cadre est rond, mais on en voit aussi de forme octogonale. Certains sont constitués d’une peau de cervidé tendue sur un cadre de bois et l’endos est tissé avec de la babiche pour former la poignée, tandis que d’autres sont doubles avec la poignée sur le dessus du cadre. Il existe quelques variantes dans la confection du tambour selon les communautés. Par exemple , dans la version innue, des aiguilles de porc-épic sont passées sur un tendon de caribou qui traverse le côté à l’endroit où la peau est montée. Ces aiguilles agissent ainsi comme des petites clochettes, ce qui donne un son spécial au tambour. Souvent les tambours sont décorés d’images et de dessins symboliques, ainsi que de divers objets médicinaux accrochés autour du cadre.

 

À la confection du tewegan il est primordial que le tout soit fait dans le plus grand respect de la nature. Il faut absolument prendre le temps de remercier l’animal qui s’est offert lors de la chasse, puisqu’il a fait don de sa peau et de ses bois dans certains cas, pour fabriquer la mailloche.

 

Pour les Amérindiens, le tambour est divisé la plupart du temps en quatre parties. Soit les quatre parties principales pour eux, c’est-à-dire les quatre points cardinaux : l’Est, le Sud, l’Ouest et le Nord. Chaque direction est associée à une couleur, une saison, symboles et différentes valeurs. Chaque division comporte également son propre gardien, incarné par un animal.

 

Dans la partie Est du tewegan on retrouve la couleur sacrée qui est le jaune, alliée à la saison du printemps et l’aigle en est son fier gardien. Les symboles qui s’y rattachent sont le tabac, la paix et la lumière et on y retrouve aussi l’état physique. Les valeurs principales de cette direction sont le partage, le respect, l’humilité et l’honnêteté. L’Est donne la direction du Grand-père Soleil tous les matins.

 

À la partie Sud, la couleur sacrée rouge est à l’honneur. L’été est la saison qui représente le sud. Parmi les symboles on y retrouve les animaux, le feu, le cèdre et la chaleur. L’état émotionnel est également relié à cette partie. Le Sud possède aussi son gardien qui est représenté par le coyote. Il indique l’enfant intérieur, l’intelligence et la jeunesse et guide vers la maturité et la vision.

 

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L’Ouest, division du tambour symbolisant le regard intérieur de l’humain, l’eau et la sauge. Les pluies viennent de l’Ouest qui aident à purifier et à nettoyer la Terre-mère. Elle comporte elle aussi une couleur sacrée qui est le noir et l’automne est sa saison. L’ours agit comme gardien pour l’Ouest du tambour. L’état retrouvé à cette direction est l’état mental.

 

Finalement, la quatrième et dernière section, le Nord. Les symboles pour cette partie sont les esprits, la sagesse, l’air et les minéraux. Le blanc est la couleur sacrée du Nord et la saison décrivant le mieux cette direction est l’hiver. L’air froid du vent du Nord intensifie le nettoyage de la terre et prépare celle-ci à la renaissance qui approche. Le bison blanc s’occupe de bien garder le Nord du tambour et l’état spirituel est celui qu’on y retrouve.

 

C’est lors d’un rituel sacré (consécration, baptême ou ouverture) que la direction prédominante d’un tambour sera déterminée. Nous saurons à ce moment si le tambour vient de l’Est, du Sud, de l’Ouest ou bien du Nord.

 

En conclusion, il est très important de prendre bien soin de son tambour car c’est un réel privilège d’avoir été choisi pour en être le porteur. On dit d’ailleurs, selon la tradition innue, qu’il faut rêver au tewegan trois fois avant de pouvoir l’utiliser. Ce sont des objets de cultes, des objets sacrés, qui doivent être traités avec le plus grand des respects.

 

Un grand merci à Face et Koi…

 

Références :

 

www.nativelynx.qc.ca
wikipedia
www.rcmp-grc.gc.ca/index-fra.htm
www.pessamit.ca

 

Carole Brosseau
Groupe Paracontacts
8 avril 2016

(C)(R) www.paracontacts.com

 

 

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