Terres sacrées

 

 

 

En septembre 2012 notre amie Eliane, Innue de la réserve de Mashteuiatsh (Pointe-Bleue), nous a invités Roger et moi à faire un séjour chez elle.
 

Pour ce séjour elle nous avait réservé une belle surprise qui nous fut dévoilée sur place. Nous allions passer deux (2) jours dans une pourvoirie où son fils nous attendait. Eliane nous a alors mentionné que ce n’était pas très loin de chez elle et que c’était tout près de son territoire de chasse.

 

Nous sommes donc partis, Eliane, Roger, moi et une des soeurs d’Éliane, par un beau matin ensoleillé. Nous avons décidé de faire quelques courses pour faire l’achat de denrées alimentaires à Roberval. Je dois vous avouer que lorsque nous sommes sorties de l’épicerie il n’y avait plus un pouce carré de disponible dans notre camion.

 

Nous avons quitté Roberval en nous disant que nous n’en n’avions pas pour longtemps avant d’arriver aux dires d’Eliane. Ça faisait une heure que nous roulions et Eliane nous disait toujours qu’on arrivait bientôt, mais malgré ça nous avons roulé au moins 2 heures parce que la pourvoirie était située tout près de Chibougameau. Toute une ride ! Malgré tout nous avons bien ri.

 

Arrivés à la pourvoirie, où la saison de pêche était terminée et la saison de chasse ne débutant que la semaine suivante, nous nous aperçurent que nous étions les uniques résidents car tous les autres avaient déjà quitté. C’était un endroit magnifique, ancestral et rempli d’énergie sacrée.

 

Le fils d’Éliane nous fit faire le tour de la place et nous informa que le lendemain il nous amènerait sur une île sacrée, où se trouvait un cimetière amérindien. Cette ile se trouvait à environ une heure, en bateau, de la pourvoirie.

 

Étant donné l’heure avancée de la journée nous avons décidé de faire cuire un bon lunch et de faire un feu de camp.

 

C’était une soirée très claire et calme, nous avons donc décidé d’installer des caméras à côté du chalet qui était situé face au lac.

 

Durant la soirée nous étions assis autour du feu de camp et nous surveillions les caméras lorsqu’on aperçut une silhouette semi-transparente marchant au bord du lac. C’était assez curieux comme image mais malgré tout assez clair. Une trentaine de minutes plus tard nous avons alors vu une ombre noire, que les amérindiens appellent le Windigo, qui passait dans un des sentiers de la forêt et qui à un moment donné cachait la moitié de l’image de la caméra, c’était hallucinant comme image.

 

Nous étions enchantés de notre première journée et avions bien hâte de voir les découvertes de notre deuxième journée sur l’ile sacrée.

 

Le lendemain matin, nous nous sommes levés tôt pour nous permettre de partir avec notre guide Frédéric qui nous attendait.

 

 

Nous sommes donc partis en camion avec Frédéric pour nous rendre à une rivière où un petit bateau moteur nous attendait. Nous avons embarqué nos caméras et nos appareils ainsi qu’un petit lunch préparé pour le dîner.

 

Nous avons zigzagué entre quelques îles où nous avons vu des aigles royaux, des loups et diverses petites bestioles et ce, pendant au moins une heure.

 

 

Nous sommes enfin arrivés sur l’île en question où un tipi était dressé pour nous accueillir. Eliane nous a alors mentionné que c’était son père qui avait bâti ce tipi plusieurs années auparavant. Quelques minutes plus tard nous avons décidé de partir pour l’exploration de l’île. Nous avons marché à travers bois en enjambant plusieurs tronc d’arbres et en zigzagant à travers les buissons car aucun sentier n’était visible.

 

 

Environ une heure plus tard nous sommes arrivés a un cimetière amérindien qui surplombait une bonne partie de l’île, c’était un endroit majestueux, magique et sacré. Nous avons donc décidé d’installer nos appareils et caméras et de s’éloigner pour une période d’environ une heure pendant que les caméras filmaient

 

 

Pendant ce temps d’attente nous avons décidé de manger notre lunch et de relaxer.

 

 

 

Au bout d’une heure nous sommes allés vérifier ce que les caméras avaient filmé. À notre grande stupéfaction les caméras n’avaient pas fonctionné durant toute la période d’attente. Pourtant, nous étions certains que tout avait bien été vérifié, que les caméras fonctionnaient depuis le début. De plus, la batterie d’une des caméras était complètement déchargée et les boutons ON des caméras avaient été mis à OFF.

 

On ne nous avait pas permis de filmer dans ce cimetière sacré malgré tout le respect qu’on leur avait démontré.

 

Ce fut une déception mais nous avons décidé de continuer à explorer cette île aux trésors. Ça faisait au moins deux heures que nous marchions et nous avons décidé de prendre un peu de repos au bas d’une colline.

 

Au bout d’environ 15 minutes nous avons entendu un coup frappé qui venait du haut de la colline. Roger a donc tenté d’imiter ce bruit en frappant sur un arbre à l’aide d’une branche. Tout à coup un autre bruit similaire nous répondit et semblait nous inviter à gravir la colline. Comme nous savions que l’île était inhabitée, nous ne savions à quoi nous attendre. Frédéric décida donc d’aller voir ce qui se passait. Dès qu’il fut arrivé sur la haut de la colline, il nous appela à grands cris pour que nous le suivions.

 

Qu’elle ne fut notre surprise lorsqu’arrivés en haut nous avons découvert un autre cimetière amérindien qui n’était même pas connu d’eux. Nous venions de faire une belle trouvaille.

 

Après y être restés quelque temps, nous avons décidé de retourner au bateau avant que la noirceur commence à s’installer. Durant notre trajet de retour nous avons vu un endroit de rassemblement amérindien ou plusieurs bûches étaient disposées en cercle pour faciliter leurs réunions. C’était un endroit impressionnant chargé de sagesse autochtone.

 

Malgré que nous avions décidé de quitter rapidement, arrivés au bord de la rivière nous avons pris conscience que la nuit s’installait. Nous sommes donc revenus à la noirceur totale et sans lampe de poche. N’eut été de la présence de Frédéric qui lui semblait connaître parfaitement le trajet de retour, je suis persuadée que nous serions restés sur l’île toute la nuit, ce qui m’aurait terrorisé j’en suis sûre.

 

Ce fut une excursion inoubliable et si nous avons la chance de retourner sur ces terres sacrées à un moment donné, il est certain que nous n’hésiterons pas.

 

Lucie Courchesne

 

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Lucie Courchesne
Groupe Paracontacts
22 janvier 2017

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